En deux ans, le nombre de pesticides détectés est passé de 52 à 56, et le nombre de micropolluants de 62 à 63. On a même eu dépassement de la norme européenne pour le tétrachloroéthylène sur l’eau captée : 13 µg/l le 15 avril 2025.
L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a déterminé une DHT (Dose hebdomadaire tolérable) de 4,4 ng/kg-pc/sem pour la somme de 4 PFAS (PFOA, PFOS, PFNA, PFHxS), soit 4,4 nanogrammes par kilo de poids corporel et par semaine. A partir de cette DHT, le Danemark a calculé une norme obligatoire à appliquer de 2 ng/l dans l’eau distribuée pour la somme des 4 PFAS. Rappel, sur tout le territoire des USA, la norme d’objectif est 0 ng/l (absence totale) pour le PFOA et le PFOS.
« Que choisir » de février 2025 nous dit que cette norme danoise serait le « credo de rigueur ». Non, c’est un calcul juste. La DHT contient toutes les contaminations, par les poêles antiadhésives et autres ustensiles de cuisine utilisés chez soi et par les fabricants d’aliments, par les emballages (fast-food et autres), par les vêtements par contact cutané, par l’eau contaminée qui sert à la fabrication des aliments industriels et même par notre boulanger de quartier qui contamine son pain fabriqué avec l’eau du robinet. Donc si un quart de la contamination au PFAS vient de l’eau du robinet utilisée chez soi, pour un enfant de 10 kg, on obtient une norme de 1 ng/l. La norme de 2 ng/l pour les 4 PFAS n’est pas restrictive et est valable si on veut réellement protéger la santé des usagers de l’eau.
A Lyon, cette norme est dépassée d’après « Que choisir » de février 2025, et aussi pour le TFA. L’eau distribuée à Lyon est donc potentiellement dangereuse pour la santé, ce qui est la définition internationale d’une eau non potable. Une eau potable est une eau qui ne présente aucun risque potentiel pour sa santé, c’est-à-dire que l’on peut boire et donner à ses enfants sans crainte.
Idem à Villefranche, la somme des 4 PFAS est 4,5 fois supérieure à la norme, somme de 9 ng/l pour la dernière analyse du 04/09/2024. Depuis la première analyse du 03/08/2023, tous les résultats sont supérieurs à la norme, donc une eau dangereuse pour la santé d’après les autorités européennes (EFSA).
Le TFA (acide trifluoroacétique) est un PFAS qui est un produit de dégradation d’un pesticide, perturbateur endocrinien d’après l’Europe (EFSA). La norme dans l’eau potable est donc de 100 ng/l (beaucoup plus élevée que les autres PFAS, est-ce bien raisonnable ?).
Pour le TFA, l’eau de Lyon dépasse la norme d’après « Que choisir ». Pour Villefranche, nous n’avons toujours aucune analyse du TFA. Nous demandons à la CAVBS de réaliser ces analyses et communiquer immédiatement les résultats.
« Que choisir » semble dire que la découverte de la toxicité des PFAS est récente. C’est faux. Un témoignage « Lorsque j’étais enfant, au début des années 1970, je me souviens de ma mère rentrant du travail, furieuse, et jetant à la poubelle toutes ses poêles « TEFAL » et autres ustensiles de cuisine « antiadhérents ». Elle venait d’apprendre que les PFAS étaient dangereux et voulait protéger ses enfants.» Donc, dans le milieu professionnel, la toxicité des PFAS est bien connue depuis plus de 50 ans. Pourquoi n’en parle-t-on que maintenant dans les médias ?
Dans cet article, on apprend aussi que VEOLIA a fait des analyses des PFAS à Villefranche et refuse de communiquer les résultats. Nous demandons à la CAVBS d’intervenir auprès de son prestataire pour obtenir la diffusion publique de ces analyses de VEOLIA. Les usagers de l’eau ou les contribuables paient l’intégralité du coût de ces analyses. Le refus de communication est anormal.
En novembre, l’ARS a rendu public (sur internet, avec plus de 2 mois de retard), la dernière analyse des pesticides datant du 27 août. Depuis le dernier article de ce site de mai 2024, aucune nouvelle analyse n’avait été faite sur les pesticides, cela montre « le grand soucis » qu’ont les autorités sur la qualité de l’eau du robinet, même après des mois de dépassements des normes de l’eau potable.
Cette analyse de l’eau distribuée au robinet des usagers en août 2024 montre toujours le Chlorothalonil R471811 au-dessus de la limite de 0,1 µg/l, ainsi que la présence de 3 autres pesticides, 5 solvants chlorés différents. D’autres analyses de septembre détectent des HAP et des PFAS dans l’eau distribuée, toujours avec des concentrations potentiellement dangereuses pour la santé pour le PFOA et le PFOS , d’après les normes de l’EPA.
Dans les résultats d’analyses, le terme PFOS (et PFOA) n’apparait pas (alors que pour les autres composés PFAS, les abréviations en lettres sont utilisées), il est indiqué « acide sulfonique de perfluorooctane » . Il s’agit probablement qu’une lamentable manœuvre pour tromper les consommateurs. Dans la presse, les termes PFOS et PFOA sont utilisés, donc si le lecteur ne sait pas que « PFOS = acide sulfonique de perfluorooctane », il sera trompé. A Villefranche, on a PFOS = 3 ng/l, donc l’eau distribuée présente un risque potentiel pour la santé des usagers (d’après l’EPA, mais l’EPA aux USA semble bien plus fiable que nos autorités sanitaires françaises).
L’idée est de préserver des impacts chimiques humains des territoires pour obtenir des avantages dans plusieurs domaines à la fois : protection de la faune et de la flore, de la biodiversité, de l’eau souterraine et superficielle, de l’eau utilisée pour l’alimentation en eau potable, de la génétique (conserver des écosystèmes non perturbés par les produits chimiques fabriqués par l’homme)…
En France, cette protection globale est peu utilisée, car les protections sont fragmentées par usages. Par exemple, les zones de protection de la biodiversité (parcs naturels nationaux et régionaux, réserves naturelles, Natura 2000) sont différentes de celles de la production d’eau potable (périmètres de protection et zones d’alimentation). Les parcs étant surtout des zones montagneuses avec des aménagements hydroélectriques, il serait facile de capter l’eau de ces zones protégées pour alimenter gravitairement les grandes villes en eau potable de qualité.
Pour l’eau potable, la solution choisie est actuellement de capter des nappes alluviales proches des villes, nappes qui sont malheureusement alimentées par les cours d’eau pollués. Par exemple, la métropole de Lyon est alimentée à 90 % par l’eau du fleuve Rhône, d’où une contamination de l’eau du robinet.
Pour les composés perfluorés (PFAS), une étude de l’ARS de 2024 a montré que toutes les grandes villes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à l’exception de Grenoble, avaient une eau du robinet polluée à une concentration potentiellement dangereuse pour la santé (d’après les NORMES EPA 2024).
Les massifs de montagne sont encore peu impactés par les activités humaines. Ils ont des sols pauvres, nécessitant d’importantes quantités d’engrais et de pesticides, d’où une faible rentabilité pour l’agriculture intensive.
L’article MARSILY 2009 « Le concept du Parc Naturel Hydrogéologique : Mythe ou réalité ? » décrit les avantages et les oppositions à cette idée de protéger des territoires pour l’eau. Il avait publié ce concept de parc hydrogéologique en 1991. Malheureusement en France, de nombreux professionnels de l’eau et des écologistes sont opposés à cette protection ciblée, car ils estiment que toutes les eaux doivent être protégées.
D’après MARSILY 2009, la protection de 6 % du territoire français est suffisante pour alimenter toute la France en eau du robinet. Actuellement, la répartition est la suivante : forêts : 32 %, surfaces toujours en herbe : 18 %, surfaces sans utilisation (montagnes, karsts d’altitude…) : 9 %, surfaces cultivées : 35 % (dont agriculture bio 3%), surfaces artificialisées : 6 %. L’objectif serait de trouver 6 % d’espaces protégés dans 62 % du territoire, c’est possible et ça semble même facile s’il y a une volonté sociétale et politique.
Les exemples de protection globale sont nombreux dans le monde. Pour New-York, 9 millions d’habitants sont alimentés en eau par des zones protégées d’une surface de 5 000 km2. Pour comparaison, le Vercors a une surface de 1 350 km2 et peut donc théoriquement alimenter 2,4 millions d’habitants (Drôme, Rhône, Lyon et une partie de l’Isère). Les travaux (gigantesques canalisations entre les zones protégées et New-York) ont été réalisés au tout début du 20ième siècle, à l’époque les ingénieurs français de l’eau étaient béats d’admiration et d’interrogation « mais pourquoi font-ils cela ?».
La priorité de ces espaces serait l’absence d’introduction de composés chimiques conçus par l’homme.
La raison est que l’exposition de l’homme à ces produits artificiels est récente. Il est donc impossible de connaitre l’impact sur la santé de l’homme et sur le vivant à long terme, sur quelques centaines ou milliers d’années. Chez l’homme, on observe déjà une diminution de la fertilité et une augmentation des cancers.
Ce problème de pollution par ces produits artificiels est plus important que le réchauffement climatique. En effet, c’est la première fois depuis 4,5 milliards d’années que cela arrive. Alors que les variations climatiques sont normales et régulières depuis 4,5 milliards d’années sur terre. La vie depuis 3,8 milliards d’années a su s’adapter aux changements climatiques, mais pourra t elle s’adapter à cette pollution récente ?
Méthodologie pour la création de ces zones protégées globales
En France, il semble normal d’utiliser les zones déjà protégées pour la biodiversité : les parcs naturels nationaux et régionaux, avec une gradation dans la protection.
Le délai de mise en place d’une telle solution pour l’eau potable est au moins de 50 ans, car il faut d’abord mettre en place cette protection stricte (absence de déversement de produits chimiques artificiels), attendre une dépollution naturelle des anciennes pollutions et ensuite réaliser les travaux d’adduction.
Les protections devraient être graduées, c’est-à-dire que la zone centrale du premier parc national français, la Vanoise, devrait avoir la protection la plus stricte. Les multiples aménagements hydroélectriques pourraient être utilisés pour capter l’eau (Vanoise, Vercors…).
Bibliographie
MARSILY G. de 2009 – Le concept du Parc Naturel Hydrogéologique : Mythe ou réalité ? Seizièmes Journées Techniques du Comité Français d’Hydrogéologie de AFH. Evian, 16-17 octobre 2009, p 85-88.
D’après la loi, l’eau distribuée par la CAVBS doit être « propre et salubre » (Article L1321-1 du Code de la santé publique). Dans « propre », il n’y a aucune référence à la santé, simplement l’eau ne doit pas contenir de produits qui n’ont rien à y faire, par exemple les pesticides, les solvants chlorés et les PFAS. Dans « salubre » ( = Qui est favorable à la santé, à l’organisme), l’eau doit être favorable à la santé, par une composition naturelle normale. La CAVBS veut enlever le calcaire de l’eau, qui est favorable pour la santé et le principal élément bénéfique pour la santé dans l’eau de Villefranche, une projet aberrant.
D’après la loi (Article L1321-1), une eau non conforme comme depuis août 2023 n’est pas une eau propre et salubre. Dans son journal, la CAVBS aurait dû l’indiquer, mais rien.
Après la non-conformité d’août 2023, VEOLIA aurait dû « prendre le plus rapidement possible les mesures correctives nécessaires afin de rétablir la qualité de l’eau. » ( Article R1321-27), donc en septembre 2023 au plus tard, puis « immédiatement » (c’est le terme de la législation, R1321-30) informer les consommateurs d’eau (c’est nous, on aurait dû être informé en septembre ou octobre 2023 !). Dans les faits, après un article paru dans Le Progrès, VEOLIA a modifié une page de son site internet en mai 2024 (que presque personne ne regarde) en annonçant qu’ils allaient changer le charbon actif (enfin, ça fait des années que l’usine ne fonctionne plus). Mais toujours aucune information directe des consommateurs d’eau, qui doit être « immédiate » d’après la loi.
De plus, 10 mois après le début du dépassement de la limite de qualité, la CAVBS aurait dû « déposer auprès du préfet une demande de dérogation aux limites de qualité » ( Article R1321-31), ce qui n’a probablement n’a pas été fait (comme cela se pratique depuis 50 ans à Villefranche).
Et l’article R1321-104 : « En cas de sélection de l’information, celle-ci ne doit pas être de nature à tromper le consommateur. » On apprend que nous sommes des consommateurs, et donc que la législation sur la protection des consommateurs s’applique, en particulier le délit de « tromperie des consommateurs » en cas de sélection de l’information de manière à induire volontairement en erreur les consommateurs d’eau (nous).
En résumé, comme ils le font depuis plus de 50 ans, la CAVBS et VEOLIA ne respectent pas la législation sur l’eau.
La dernière analyse du 17/04/2024 de l’eau traitée distribuée à Villefranche montre une forte augmentation de la pollution. La concentration en Chlorothalonil R471811 atteint 311 ng/l, soit plus de 3 fois la limite de qualité réglementaire. L’eau distribuée par la CAVBS est donc fortement non conforme.
De plus le Métolachlore-ESA atteint 299 ng/l et la somme totale de pesticides 610 ng/l, soit 2 autres non conformités normalement, non retenues car en 2024 les autorités sanitaires ont manipulé la loi française, en relevant le Métolachlore-ESA de la liste des métabolites de pesticides pertinents.
Il y a 30 ans un responsable départemental de l’ARS (appelé DDASS à l’époque) de la région Rhône-Alpes disait « s’il on trouve un pesticide dans un captage d’eau potable, c’est anormal, car l’eau potable doit être propre, et les pesticides (des produits chimiques conçus par l’homme pour tuer la vie) n’ont rien à faire dans un captage d’eau. Les élus doivent donc résoudre ce problème et faire disparaitre le pesticide de l’eau. Si on trouve 2 ou 3 pesticides dans un même captage d’eau potable, ce captage doit être abandonné, et les élus doivent trouver une nouvelle ressource propre sans pesticides ». Aujourd’hui, il y a 52 pesticides trouvés dans l’eau de Villefranche, et les élus sont très contents de la qualité de l’eau « potable ». En 30 ans, les choses évoluent, c’est normal, mais ici pas dans le bon sens.
Et en plus en 2024, un nouveau produit de dégradation de pesticide, le chloridazone desphényl et un nouveau micropolluant, le chrysène, ont été trouvés dans l’eau de Villefranche.
Aujourd’hui 16 mai 2024, la Communauté d’agglomération Villefranche Beaujolais Saône vient de distribuer son journal « d’information » dans les boîtes aux lettres, 16 pages en 39 018 exemplaires daté de mai/juin/juillet 2024. Cependant il n’y a aucune information sur la non-conformité de l’eau du robinet depuis août 2023 par des dépassements de la limite de qualité réglementaire, alors que l’ARS vient de publier son bilan 2023 avec le qualificatif « eau de qualité insuffisante », à cause de « dépassements réguliers de la limite réglementaire ». 8 mois pour réaliser un petit encart d’information dans le journal, c’est faisable, cette omission est donc volontaire.
L’eau du robinet, c’est important, chaque jour les 73 000 habitants se lavent et se douchent avec les multiples polluants qui pénètrent dans leur corps par voie cutanée, ils respirent les solvants chlorés dans leur cabine de douche et dans les toilettes, surtout les bébés bien placés au-dessus de leur bain, ils font la cuisine avec cette eau, polluant les plats qui consomment, ils achètent du pain et des gâteaux dont le principal ingrédient après les céréales est l’eau du robinet. Et en plus, il y a la consommation directe de l’eau du robinet.
Ce journal « d’information » est surtout un journal de désinformation par l’omission grave qu’il contient. Sur le site internet de la CAVBS toujours aucune information sur les « dépassements réguliers de la limite réglementaire » et l »eau de qualité insuffisante » d’après l’ARS, et toujours la même désinformation « L’eau du robinet, qualité garantie, économique et écologique est à consommer sans modération. » NON, une eau de qualité insuffisante n’a pas une qualité garantie et n’est pas à consommer sans modération. NON, une « eau de qualité insuffisante » n’est pas une « bonne eau du robinet » (expression toujours présente sur la site de la CAVBS le 20/05/2024).
Surtout qu’un documentaire récent traitant du fluor et des perfluorés (ou PFAS, les polluants éternels) dans l’eau du robinet indique comment interpréter les données de l’ARS (aller à la minute 19 pour l’interview de l’ARS). En gros, quand l’ARS indique qu’une eau est non conforme par dépassement des limites de qualité, c’est aux usagers eux-mêmes de comprendre qu’il y a un problème. Si les parents continuent de donner l’eau à leurs enfants, ce sont donc des idiots. Puis quand leurs enfants sont malades à cause de l’eau, c’est donc de la faute des parents, pas de l’ARS et de la commune qui distribue l’eau. Le documentaire traite le cas d’un enfant malade à cause de l’eau du robinet. Les parents ne sont pas du tout d’accord avec l’interprétation de l’ARS et ils ont porté plainte.
Plusieurs problèmes à l’avis de l’ARS : Certaines personnes ne comprennent pas la signification du mot « conforme » (voir le documentaire). Et bien sûr, il faut être informé. Dans la CAVBS, les dépassements des limites réglementaires sont réguliers depuis plus de 50 ans, et l’information des usagers est quasi inexistante (voir ce qui se passe depuis août 2023). Souvent VEOLIA n’envoie pas la synthèse annuelle de la qualité de l’eau avec la facture, d’autres années c’est un torchon illisible en noir et blanc. VEOLIA a photocopié le document initial en couleur avec un mauvais appareil.
Ci-dessous deux articles parus dans « Le Progrès », datés du 17 juillet 1973 et du 18 juillet 1973 (réponse immédiate du Maire de Villefranche-sur-Saône).
Pour information : les études ultérieures ont montré que les dragages n’étaient pas la cause déterminante de la pollution de l’eau au manganèse. La cause principale de la pollution de l’eau est indiquée en page 8, paragraphe « Puits n°10 », de ce document (lien vers le document).
Réponse à une question suite aux articles sur la mauvaise qualité de l’eau du robinet : « Faut-il traiter son eau chez soi avec par exemple …BIO » ?
Cette question est individualiste, et normalement l’ARBUE ne traite pas ce genre de problème personnel. Cependant la publication d’informations sur la pollution de l’eau pourrait entrainer certains à essayer de résoudre le problème par eux-mêmes, et à se faire arnaquer.
La réponse est bien sûr NON. Les seules solutions sont collectives, et doivent bénéficier à l’ensemble des habitants. L’ARBUE propose une solution collective : https://eaubeaujolais.wordpress.com/notre-solution/
Les solutions individuelles sont à éliminer, car :
Elles conduisent nos responsables à ne rien faire pour améliorer la qualité de l’eau. Si les usagers ont une solution personnelle, pourquoi trouver une solution collective ? La preuve, d’après le site internet et des articles de presse, cette société a des coopérations avec des collectivités. Certains élus sont très contents d’installer des filtres sur des bâtiments communaux, et peu pressés de faire leur travail, c’est-à-dire de fournir de l’eau potable à la totalité des usagers.
Elles sont mauvaises pour l’environnement, avec la production de déchets (beaucoup plus importante en individuel qu’en collectif), parfois avec des pertes d’eau importantes (osmose) et une consommation inutile de matériaux, d’énergie et d’électricité (pour la fabrication, le fonctionnement).
Elles sont inégalitaires, seuls les plus riches, qui ont déjà un meilleur accès à la santé, pourront traiter chez eux leur eau.
Les risques pour la santé sont réels avec le développement de bactéries à l’intérieur des filtres, et aussi le risque de relargage brusque des polluants accumulés dans le filtre.
Elles ne sont souvent pas efficaces, les analyses en entrée et en sortie de traitement montrent souvent peu d’amélioration pour des appareils payés des milliers d’euros (exemple les nitrates). L’eau naturelle captée est déjà filtrée dans la nappe phréatique, donc les polluants qui restent ne vont pas être éliminés par l’usine de traitement de Villefranche, et encore moins par un « filtre magique » installé dans sa cuisine.
Pour la société prise en exemple, toutes les alertes rouges sont présentes : on parle de filtre quasi magique sans préciser la nature du filtre (infraction au code de déontologie de l’ARPP https://www.arpp.org/nous-consulter/regles/regles-de-deontologie/traitement-de-l-eau/ ), avec un dynamiseur magnétique sans justification scientifique de l’intérêt de cet appareil (toujours infraction au code de déontologie de l’ARPP).
Nous avons téléphoné à trois personnes différentes de cette société, aucune n’a pu donné des précisions sur la nature des « filtres » (rappel c’est obligatoire dans toute publicité ou démarche commerciale, voir le site de l’ARPP).
Pour le « dynamiseur », la première personne nous a dit que cet appareil rétablissait la structuration quantique de l’eau, sans être capable de donner plus d’explications. Rappel : la structuration est seulement possible proche du zéro absolu, – 273 °C, à l’échelle de quelques atomes, impossible à température ambiante, + 20 °C, sur des énormes distances.
La deuxième a parlé d’ « énergie » et de « vibratoire », sans être capable de donner plus d’explications sur ce phénomène mystérieux, et de fournir les références scientifiques obligatoires. Si on attribue un effet à un produit de traitement d’eau que l’on vend, il faut pouvoir le justifier « au moyen d’éléments sérieux, objectifs et vérifiables. » (ARPP). Ici on n’est pas dans le domaine de la religion, de la spiritualité ou de la croyance, mais en face dans une entreprise commerciale qui vend un produit.
D’après la troisième personne, le dynamiseur rend l’eau conforme aux théories de Louis-Claude Vincent. Là le délire. Un dynamiseur crée des tourbillons ou vortex (exactement comme l’eau le subit déjà dans les canalisations avec un écoulement turbulant pendant des kilomètres, quel est l’intérêt de rajouter quelques tournillons de plus sur 10 cm, « on se fout de nous »), et ne peut en aucun cas modifier la conductivité, le pH, le rH2 (= les paramètres de la théorie Louis-Claude Vincent).
3 personnes, 3 réponses différentes toutes aberrantes.
Rapport du code de l’ARPP sur le traitement de l’eau « L’annonceur doit être en mesure de justifier les arguments utilisés dans la communication publicitaire, au moyen d’éléments sérieux, objectifs et vérifiables. »
Le manque de sérieux se confirme dans les analyses censées prouver les performances des filtres. Pour être valable, ces analyses doivent être réalisées sur des installations posées depuis plus de 3 ans (la publicité dit « filtration parfaite durant 4 ans sans aucune intervention manuelle ») chez leur principaux clients (Lyon, Villeurbanne, Villefranche), avec les concentrations en polluants réellement contenues dans l’eau de leurs clients, avec des seuils de détection normaux, avec des prélèvements par un organisme indépendant et certifié. Là, les résultats de performance du traitement peuvent être affichés sur leur site et seront valables. L’entreprise a fait tout le contraire de ces obligations. Il sera long de détailler toutes les non-conformités dans l’évaluation des soi-disant performances exceptionnelles des filtres. En général, plus les concentrations sont élevées, plus les rendements augmentent. On peut donc tromper les clients en prenant des fortes pollutions en entrée. Les concentrations en entrée de traitement sont aberrantes et illégales, par exemple 13 µg/l pour l’atrazine, la législation interdit d’utiliser un eau pour un traitement si la teneur en atrazine est supérieure 2 µg/l. De plus, les seuils de détections des analyses sont 10 fois trop hauts, 50 ng/l, alors que l’ARS utilise un seuil de 5 ng/l. Idem pour les autres polluants, les concentrations en résidus médicamenteux sont aberrantes, et ne se rencontrent jamais dans un réseau d’eau potable.
Pourquoi « BIO », d’après les vendeurs, parce que les matériaux filtrants viennent de la nature (toujours sans aucune précision sur la nature de ces filtres). C’est ridicule, avec de tels arguments, tous les produits industriels sont BIO, car tous les matériaux d’une voiture, d’un meuble, d’un ordinateur, d’une centrale nucléaire viennent de la nature (les métaux dans les minéraux naturels, le plastique à partir du pétrole naturel, le bois, les roches naturelles pour le ciment, les constructions…). Sur les photos, le filtre est un produit industriel pollueur comme un autre, qui n’a rien de BIO. Rappel du code de l’ARPP sur le traitement de l’eau « La publicité ne doit pas attribuer à un produit, un appareil ou à un annonceur l’exclusivité de vertus qui existent également chez les concurrents alors que celles des concurrents seraient analogues ou similaires. »
En conclusion, ce n’est pas sérieux, à fuir. Cependant il y a surement d’autres entreprises qui présentent des produits de traitement d’eau avec des propriétés vérifiées en respectant le code de déontologie de l’ARPP, et sans le « dynamiseur » magique.
Depuis 2023, toutes les analyses réalisées sur les PFAS ont montré une contamination de l’eau du robinet de Villefranche-sur-Saône par les « polluants éternels » (PFAS) :
6 polluants éternels le 08/03/2023 dans l’eau distribuée, avec une pollution totale de 22,6 ng/l.
9 polluants éternels le 06/07/2023 dans l’eau distribuée, avec une pollution totale de 27,6 ng/l.
8 polluants éternels le 11/10/2023 dans l’eau distribuée, avec une pollution totale de 25,3 ng/l.
Toutes les analyses montrent la présence de PFOA et PFOS. Or les Etats-Unis viennent de se doter de normes pour la PFAS. Pour le PFOA et le PFOS, l’objectif est de 0 (ZERO). Selon l’EPA (Agence de protection de l’environnement des USA), » Cela reflète les dernières données scientifiques montrant qu’il n’existe aucun niveau d’exposition à ces contaminants sans risque d’impact sur la santé, y compris certains cancers « . Comme toutes les analyses sur l’eau de Villefranche du PFOA et du PFOS sont au-dessus de la limite de détection (1 ng/l), la consommation de l’eau du robinet présente un « risque d’impact sur la santé, y compris certains cancers ».
Cette pollution de l’eau distribuée au PFAS est anormale, car la CCVBS vient de terminer une nouvelle usine de traitement de l’eau à plus de 10 millions d’euros. L’ARBUE était membre de la Commission Consultative des Services Publics Locaux, et pendant presque 10 ans, les élus et les fonctionnaires responsables de l’eau nous ont affirmé que cette « formidable » usine de traitement allait totalement éliminer les solvants chlorés, les pesticides et tous les micropolluants.
Le résultat est nul. Les solvants chlorés sont toujours là, à un même niveau de pollution qu’avant, les pesticides sont au-dessus de la norme de l’eau potable et les PFAS sont à un niveau dangereux pour la santé.
En 2013 et en 2016 (document), l’association ARBUE avait déjà réalisé une étude prouvant la non-potabilité de l’eau distribuée à Villefranche, envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception au Président de la CCVBS. Rappel : dans la législation française, une eau présentant un risque potentiel pour la santé est une eau non potable.
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