Lettre à Mr Picard président de la CAVIL

Association Rhône Beaujolais des Usagers de l’Eau
ARBUE

Villefranche, le 11 octobre 2012

Monsieur le Président
Communauté d’Agglomération de Villefranche-sur-Saône
69665 Villefranche sur Saône

Objet : Demande d’actions pour protéger la santé et la qualité de l’eau distribuée

Monsieur le Président,

Notre association (Arbue) assure une veille assidue sur la qualité de l’eau distribuée dans la Communauté d’Agglomération. Cette eau est aujourd’hui encore dangereuse pour une consommation régulière car elle comporte de nombreux polluants dont les effets croisés ne sont pas maîtrisés. L’ancien collectif et la nouvelle association vous ont adressé un certain nombre de demandes pour faire cesser cette situation préjudiciable à la santé publique. Dans cette lettre, nous récapitulons nos demandes :

  • Prendre des mesures pour protéger les enfants dans les écoles dépendant de la CAVIL, en particulier en ne leur donnant plus l’eau du robinet à boire. En annexe 1, la lettre envoyée au Maire de Villefranche-sur-Saône qui contient les justificatifs.
  • Réaliser des analyses de l’eau du robinet et des puits n° 1, 6, 10, 14, avec les paramètres et les seuils de détection demandés en annexe 1. En plus, analyses des phtalates (DEHP…), mercure avec seuil de 0,05 µg/l, uranium (présent dans la Saône)…
  • Porter plainte contre X pour la pollution de l’eau du robinet aux solvants chlorés. Voir annexe 2. Cette démarche est réalisée usuellement par les collectivités publiques de droite et de gauche (exemples des plaintes récentes à Avignon, Foix et Bordeaux). L’objectif est simplement de défendre l’intérêt de la CAVIL et des usagers de l’eau des captages pollués. L’absence de plainte montre la volonté actuelle de ne pas retrouver les pollueurs (études sans résultat à répétition depuis 1993, alors que la pollution supérieure aux normes de l’eau potable est connue depuis le milieu des années 80) et donc de faire payer les pollutions aux usagers et aux contribuables.
  • Réaliser une vraie étude de recherche de l’origine des solvants chlorés (délai nécessaire 3 mois pour trouver les pollueurs). Nous rappelons qu’une étude de 1994 a localisé au moins 2 sites responsables de cette pollution, un en amont de la RN6 pour le tétrachlorure de carbone et le trichloroéthane (commune de Villefranche-sur-Saône), et un aval de la RN6 pour le tétrachloroéthylène et le trichloréthylène (zone industrielle sur la commune d’Arnas). 50 000 € sont largement suffisants pour cette étude, nous vous proposons de la financer avec l’abandon du projet absurde de déplacement du Nizerand (5 % du montant économisé par l’abandon).
  • Pour les pollueurs déjà identifiés, réaliser des études d’impact environnementales et sanitaires de l’ensemble des pollutions depuis la mise en service des installations (années 70 et 80) et demander l’application de leur responsabilité civile : réparation des dégâts qu’ils ont commis à l’environnement, à la santé des usagers et à la qualité de l’eau en leur faisant payer le nouveau traitement de l’eau en proportion de leur responsabilité.
  • Abandonner le projet de déplacement du Nizerand qui va entrainer une augmentation de la pollution des captages d’eau potable de la CAVIL. Voir annexe 3. La présence du résidu médicamenteux Carbamazepine prouve que l’eau du robinet de la CAVIL est déjà polluée par des rejets d’eaux usées. Le projet du Nizerand va augmenter la qualité d’eaux usées dans l’eau du robinet, il est donc mauvais pour la santé publique.
  • Mise en place d’un traitement de l’eau provisoire au charbon actif (délai d’installation d’environ un mois). Mise en place d’une barrière hydraulique pour empêcher les solvants chlorés d’arriver dans l’eau distribuée (délai d’installation de quelques jours dans le puits 6 et coût négligeable en utilisant des tuyaux de pompiers). Mise en place d’une concertation avec les usagers pour l’application complète de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau) le plus rapidement possible : établissement de zones de sauvegarde et déplacement des captages dans ces zones. Voir annexe 4.
  • Arrêt du traitement de l’eau inutile à l’aluminium.
  • Arrêt ou redéfinition de la MERA : abandon des actions pour empêcher les industriels de rejeter des polluants dans le réseau d’assainissement (Mission Entreprises et Rivières de l’Agglomération, MERA). Cela va forcément augmenter les rejets de produits toxiques dans les réseaux d’eau pluviale, la rivière du Nizerand et directement dans les sols et les nappes phréatiques, donc vers les captages d’eau potable. Nous demandons une station d’épuration capable de traiter les eaux polluées industrielles.
  • Arrêt des mélanges des eaux brutes entre Villefranche et Anse. Arrêt du traitement de l’eau par mélange et dilution entre les différents puits. Ces mélanges sont illégaux car ils augmentent la toxicité de l’eau du robinet par effet cocktail (non respect de l’article R1321-4 du Code de la Santé Publique,).
  • Enquêtes sur les analyses apparemment truquées du contrôle sanitaire : oxadixyl dans l’eau distribuée non compatible avec les résultats des eaux brutes, prélèvements non représentatifs de l’eau distribuée, seuils de quantification extrêmement hauts donnant une somme fausse pour vérifier la norme de la quantité totale des pesticides dans l’eau distribuée.
  • Pesticide interdit, le monuron, retrouvé dans un puits de captage : réalisation immédiate (tout retard entraîne la disparition des preuves) d’une vraie enquête judiciaire et douanière, avec des analyses du monuron et de ses produits de dégradations dans les sols (dérivés phénoliques, anilines, composés résultant de N-déalkylation). Demande déjà faite à Monsieur Perrut en octobre 2011.
  • Enquête sur le dépassement de la limite de qualité pour le sel (norme pour les chlorures). Alors que la pollution est connue depuis début 2009, en mars 2011, des dizaines de milliers de tonnes de sel routier cyanuré sont déposés dans le port de Villefranche, et en octobre 2012 ils sont toujours en place (il ne neige pas en été, et il a peu neigé lors de l’hiver 2011-2012). D’où une énorme pollution de l’eau au sel et au cyanure, totalement inutile et injustifiable, due aux pluies pendant 18 mois. L’ARBUE demande des explications.
  •  Enquête sur le dysfonctionnement du contrôle sanitaire concernant les cyanures. En novembre 2011, du cyanure (provenant probablement du stockage de sel du port de la CCI) est quantifié dans l’eau captée. Début 2012 d’après les analyses publiques que nous avons pu consulter, aucune analyse des cyanures n’a été réalisée par le contrôle sanitaire sur l’eau brute et l’eau distribuée. Cela est anormal, l’ARBUE demande des explications.
  •  Participation de notre association (Association Rhône Beaujolais des Usagers de l’Eau) à la CCSPL (Commission Consultative des Services Publics Locaux). Nous contestons votre décision de refus (lettre du 11 mai 2012). Vous affirmez que « Le nombre d’association présentes est tout à fait représentatif des dossiers à examiner ». En fait, des associations membres de la CCSPL ne viennent pratiquement jamais aux réunions, il y a donc de la place pour notre association de 20 membres actifs et qui a organisé une pétition sur l’eau rassemblant plus de 300 signatures.
  • L’ARBUE demande que les pollueurs paient le nouveau traitement de l’eau potable. Voir annexe 5 et pétition ci-dessous.

Par ailleurs, les mesures qui seront prises pour améliorer la qualité de l’eau distribuée ne doivent pas pénaliser les consommateurs. Nous demandons donc que le coût en soit intégralement supporté par les responsables de la pollution en vertu du principe « pollueur-payeur ». Cela suppose naturellement que tout soit fait enfin pour identifier les pollueurs et les mettre à contribution. Notre demande est partagée par de nombreux citoyens et nous portons à votre connaissance les noms des premiers signataires de la pétition jointe qui en témoigne indubitablement.

http://www.petitionpublique.fr/?pi=ARBUE

Dans l’attente d’une réponse rapide, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

Pour le bureau

le président de l’association ARBUE

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2 Réponses

  1. Reblogged this on Calade & Beaujolais and commented:
    De l’amour et de l’eau fraîche

  2. […] prétendent être pour le développement durable. Lettre à Monsieur Perrut Lettre à Monsieur Picard Partager :EmailFacebookTwitterLinkedInPrintJ'aime ceci:J'aimeSoyez le premier à aimer […]

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