Lettre à Mr Perrut pour protéger les enfants dans les écoles

Association Rhône Beaujolais des Usagers de l’Eau
ARBUE
Villefranche, le 17 septembre 2012

Monsieur le Député-Maire
Mairie de Villefranche-sur-Saône
Hôtel de Ville
69653 Villefranche-sur-Saône

Objet : eau du robinet dans les écoles
Monsieur le Député-Maire,
Des faits récents prouvent la nocivité de l’eau distribuée dans votre commune pour la santé des usagers et surtout celle des enfants. Nous vous demandons de prendre des mesures pour protéger les enfants dans les écoles, en particulier en ne leur donnant plus l’eau du robinet à boire. Il est impossible d’attendre la construction de la nouvelle usine de traitement pour protéger les plus jeunes.
Ces faits récents sont :

  • L’ARS dit à un usager que l’eau du robinet n’est pas potable à Villefranche (paru dans le journal «Le Patriote Beaujolais » du 9 juin 2011). D’après la législation, une eau potable est de manière certaine non dangereuse pour la santé, or l’ARS a émis beaucoup de doutes sur la qualité de l’eau. Citation de l’ARS « pour les jeunes enfants, peut-être vaut-il mieux faire boire de l’eau en bouteille qui n’a pas toutes ces traces de substances chimiques ».
  • La décision de la CAVIL d’améliorer à l’avenir le traitement de l’eau (mais toujours aucune usine construite pour l’instant). Cette décision est la preuve d’un problème sanitaire réel avec l’eau distribuée actuellement. Aucune collectivité ne dépenserait plusieurs millions d’euros seulement par « précaution».
  • La quantification de dioxine dans l’eau captée le 19/05/2011 sur la seule analyse publique des dioxines sur l’eau de Villefranche (réf. 1).
  • Les quantifications d’un résidu médicamenteux (carbamazepine) en 2011 sur les deux seules analyses publiques des médicaments sur l’eau de Villefranche (réf. 1).
  • Les quantifications de 4 composés persistants sur les deux seules analyses publiques des perfluorés sur l’eau de Villefranche: acide perfluoro-octanoïque, acide perfluorohexanesulfonique… (réf. 1).
  • La quantification de cyanure dans l’eau captée le 17/11/2011, due probablement au stockage de sel routier cyanuré dans le port de Villefranche (réf. 1). Aucune analyse publique disponible pour 2012.
  • Les détections dans l’eau de nombreux polluants bioaccumulables (perflurorés, dioxine), c’est à dire que même à faible dose ils vont s’accumuler dans le corps des enfants, et risquer d’entrainer des maladies lorsqu’ils seront adultes.
  • La poursuite des pollutions systématiques aux solvants chlorés et aux pesticides de l’eau distribuée, qui durent depuis des dizaines d’années sans aucune action efficace des autorités pour résoudre ce problème. 25 pesticides ont déjà été détectés, alors qu’une récente étude scientifique prouve que 3 pesticides peuvent créer un cocktail dangereux pour la santé (réf. 2).

Parallèlement, nous vous demandons des analyses sur l’eau actuelle du robinet de Villefranche. L’eau des puits n°1, 6, 10, 14 est également à analyser pour connaître la qualité de l’eau distribuée (on peut calculer la concentration en polluant de l’eau du robinet à partir d’une analyse de l’eau d’un puits).
Les paramètres minimum à analyser, avec des exemples de laboratoires proches de Villefranche réalisant déjà ces analyses avec des seuils corrects, sont :

  • Pesticides (dont ESA et OA) avec des seuils de quantification de 1 ng/l (analyses actuelles par un laboratoire de Genève pour la CIPEL, Commission franco-suisse du Léman, réf. 3).
  • Solvants chlorés avec des seuils de détection de 2 ng/l (analyses du Laboratoire d’études et de recherche en hydrologie de l’Afssa, réf. 4).
  • HAP avec un seuil de détection de 0,8 ng/l pour le Benzo(a)pyrène (réf. 4).
  • Résidus médicamenteux avec des seuils de 5 ng/l (analyses CARSO Lyon pour l’Agence de l’Eau, réf. 1).
  • Dioxines, furanes, perfluorés avec les seuils actuels du laboratoire CARSO Lyon (analyses de l’Agence de l’Eau, réf. 1).
  • Bisphénol A avec un seuil de 5 ng/l (analyses actuelles de la CIPEL, réf. 3).

Quand la nouvelle usine de traitement sera en service, ces analyses devront être faites sur l’eau traitée.

Nous sommes prêts à vous rencontrer pour toute précision utile si vous décidez de protéger les enfants dans les écoles de votre ville et de tenir compte de notre demande d’analyses.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député-Maire, l’expression de nos salutations distinguées.

Pour le bureau
le président de l’association ARBUE

Références :
(1) Banque de données ADES. Analyses sur le point n° 06741X0008/692A (puits de Beauregard). http://www.ades.eaufrance.fr/
(2) Conférence du Pr Claude Reiss en 2010 à Villefranche et publication scientifique dans PLoS ONE : A Preliminary Investigation into the Impact of a Pesticide Combination on Human Neuronal and Glial Cell Lines In Vitro. Michael D. Coleman, John D. O’Neil1, Elizabeth K. Woehrling1, Oscar Bate Akide Ndunge1, Eric J. Hill1, Andre Menache, Claude J. Reiss. http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0042768
(3) CIPEL. Métaux et micropolluants organiques dans les rivières et les eaux du Léman. Campagne 2010. : http://www.cipel.org/
(4) AFSSA. Lignes directrices pour l’évaluation des eaux minérales naturelles au regard de la sécurité sanitaire. Mai 2008

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