Le 20 octobre à Villefranche-sur-Saône, le collectif beaujolais des usagers de l’eau a organisé une conférence-débat intitulée “Ces polluants qui menacent notre fertilité et notre santé”, animée par René HABERT, né à Villefranche, toxicologue de la reproduction, directeur de laboratoire CEA/INSERM et professeur à l’Université Paris VII. Avec plus de 100 participants, cet événement a été une réussite par la qualité de l’exposé et du débat qui a suivi.
D’après le Professeur Habert « depuis une quinzaine d’années, l’inquiétude et le débat se sont cristallisés sur l’augmentation des troubles de la reproduction masculine. De nombreuses études ont montré clairement que la production spermatique humaine est en constante diminution. Actuellement on estime que, dans les pays industrialisés, un homme produit deux fois moins de spermatozoïdes que son grand-père n’en produisait au même âge. En outre, la fréquence du cancer testiculaire a augmenté de façon régulière au cours des dernières décennies. Enfin, il est probable que l’incidence des malformations congénitales des organes génitaux externes masculins soit aussi en augmentation constante. »
De plus, selon lui, au cours des dernières années les inquiétudes se sont étendues à l’augmentation des pathologies de la reproduction féminine tel que le cancer du sein. Les pathologies nutritionnelles telle que l’obésité, diabètes ainsi que la fréquence des allergies sont également de plus en plus fréquentes.
Le Professeur Habert déclare que « l’hypothèse la plus probable est que toutes ces anomalies résultent des effets délétères des polluants dont le nombre et la quantité ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Une catégorie particulière de toxiques appelés perturbateurs endocriniens est particulièrement incriminée. Ce sont des substances chimiques qui agissent en altérant le fonctionnement des hormones. Parmi ces perturbateurs endocriniens, on trouve des produits extrêmement variés tels que des pesticides, des conservateurs alimentaires, des peintures, des plastiques, des retardateurs de flamme. »
L’évaluation des risques de l’exposition humaine aux perturbateurs endocriniens est devenue un enjeu majeur de la recherche en toxicologie environnementale. Contrairement aux toxiques « classiques », les effets des perturbateurs endocriniens dépendent non seulement de leur dose mais aussi de la période d’exposition et de l’environnement chimique. De plus, la sensibilité de l’espèce humaine peut-être différente de celle des animaux de laboratoire qui sont utilisés dans les tests de toxicologie réglementaire.
L’équipe de recherche dirigée par René Habert, a mis au point de nouvelles méthodes d’étude de l’évaluation du risque des perturbateurs endocriniens pour la santé humaine, notamment des phtalates et du bisphénol A, composants majeurs des plastiques. Les phtalates seraient nocifs au cours de la vie fœtale pour la mise en place du potentiel reproducteur masculin dans l’espèce humaine.
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